PLANES- Creation of a space and analytical approach

Par Raphael Boscarato, 19/12/15

Préambule: Avant d'introduire la présentation et la narrative je tiens à préciser le point suivant:

Comme vous pouvez le voir toute ma colonne, et même les maquettes qu'elle contient, est peinte en blanc. Pourquoi?

Par ce choix, volontaire, je veux transmettre le message suivant: le rôle de cette colonne n'est pas d'attirer le visiteur, de l'harponner, mais de transmettre les informations uniquement à la personne qui vient les chercher. Celle-ci trouvera les réponses à ses questions. Au passant pressé elle n'apparaît que neutre et inexpressive.

Présentation: Mon objectif est d'analyser le symbolisme, au niveau de l'espace, qui se dégage de cette vue et de le traduire schématiquement, à côté des façades de la colonne, par des symboles. (séparation, escalier,..). J'ai découpé la façade de l'immeuble en 6 morceaux et je les ai placé selon un mouvement ascendant sur la colonne.

Maintenant, comment vais-je approcher les concepts d'espace qui cohabitent à l'intérieur de cet immeuble?

Comment les définir pour éviter la confusion?

Le système qui me paraît le plus adéquat est de les distinguer sur la base de leur usage et non de leur statut juridique. Selon le critère choisi,la pharmacie qui est située au rez-de-chaussée est un espace public.

Au premier étage, la situation évolue. J'arrive dans un espace qui apparaît comme étant semi-privé. Je traduis ce changement par une séparation horizontale hermétique. Après je me trouve dans un espace privé, la façade indique clairement le statut social des anciens habitants. Je l'évoque par un escalier qui a symboliquement deux rôles: relier les espaces et montrer l'évolution sociale. L'escalier est large au début (public), il se rétrécit progressivement pour symboliser le passage du semi-privé et du privé.

Ensuite, je change mon optique et je regarde la façade dans son ensemble. L'élément expressif le plus fort sont les fenêtres. Celles-ci dépassent largement les fonctions matérielles qui leurs sont dévolues (éclairer, aérer, voir) et apparaissent comme la frontière entre deux univers: l'espaces intérieur et l'espace extérieur. Elles définissent le type de relation que ce bâtiment entretien avec le monde qui l'entoure, mais aussi les modalités du regard, du vu et du non-vu.

Je le traduis par la silhouette d'une personne qui apparait à la fenêtre, pour voir et pour être vue.

J'ai terminé mon analyse par la notion d'espace interne et externe, car j'estime que l'espace interne, défini complétement par l'édifice lui-même, constitue le critère principal pour le jugement que le public porte sur un édifice.

De là à affirmer que l'espace interne constitue l'essence même de l'architecture...

Dessins finaux:


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Photos:


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Narrative:

Je me trouve au boulevard Sébastopol. Passant à côté d'un immeuble, je remarque des larges portes qui indiquent un commerce à l'intérieur. Je décide d'y entrer pour acheter un produit avant que l'établissement fermé.

Après quelques minutes, ayant terminé mon achat, je ressors par la même porte. La curiosité me pousse à regarder toute la façade de l'immeuble d'une manière neutre et objective puisque je n'ai jamais habité ou visité un des appartements de ce bâtiment. Pourtant j'ai la sensation qu'en observant chaque partie (étage), je peux déterminer avec précision le(s) rôle(s) de cet étage et les classes sociales qui y habitent.

LE PREMIER ETAGE m'attire tant par le nombre de détails que par la taille de ces fenêtres qui dégagent une forte opposition entre le public et le privé. Ce qui laisse supposer que la pièce, qui servait de lieu de stockage, est occupée actuellement par des bureaux et où on préfère, discrètement, ne pas être dérangé. Je m'imagine, tel un acrobate, me faufiler à travers une des fenêtres pour voir cette séparation devenue physique par le biais d'un plafond/sol.

LE DEUXIEME ETAGE me paraît plus ouvert mais néanmoins inaccessible pour des gens non fortunés. Les fenêtres laissent supposer que la personne qui y vit veut pouvoir contempler le boulevard. Soudain, je vois quelqu'un au troisième étage, sur son balcon, qui me regarde d'un air curieux. Peut être, parce que cela fait quelques minutes que je suis debout, immobile, à analyser la façade tel un médecin qui pratique une autopsie.

Du fait que je remarque la présence de cette personne, cela montre qu'il a beau être dans son espace privé, mais il se situe simultanément, aussi, dans l'espace public. Le balcon, qui est aussi présent sur d'autres étages, est un espace de transition. Je m'imagine que pour aller au troisième étage et au-dessus, la personne doit emprunter l'escalier commun. Ce qui est plus fatiguant pour lui que pour quelqu'un de plus riche qui séjourne au deuxième.

Quand je lève les yeux plus haut, le quatrième étage me paraît similaire au troisième: moins ou pas du tout de détails comme s'ils avaient été effacés par une forte opposition privé/public au début et à l'évolution du statut social ensuite.

Le statut social! Ces mots me reviennent à chaque fois que j'observe l'immeuble. Le dernier étage est assez spécial pas parce qu'il est le dernier, mais puisque initialement ses chambres étaient destinées à loger le personnel domestique. Aujourd'hui, ironie de l'histoire et de l'évolution sociale, il est devenu plus recherché (par les jeunes ménages) que les autres étages. Et pourtant, rien de ce que je vois sur la façade permet d'indiquer son nouveau rôle. Je rigole en pensant que ceux qui y vivent doivent être nécessairement en bonne santé car cet étage n'est, en général, pas desservie par l'ascenseur. Il faut vraiment être jeune et en bonne santé pour y habiter.