HISTOIRE PLANES

Par DI NOCERA Emmanuel, 02/12/18

Hervé, 40 ans, passionné de marche, habite Morges chemin de Rosemont, un quartier bruyant.  Chaque année au printemps, dès qu’il fait de nouveau beau, il sort faire une balade le long du lac.

Il part le matin de chez lui en direction de Lausanne pour une marche de 13 km qu’il devrait parcourir en 3h.

Il commence à avoir faim.

Le marcheur continue 1h : il est bientôt midi quand il arrive vers une zone boisée où coule une rivière - la Venoge. 

La bise modérée le pousse à continuer son chemin.

À l’affut d’un lieu à l’abri de ce vent désagréable, l’homme tombe sur une structure avec 3 plans horizontaux en cascade, chacun comme scindés en deux par une brèche.

Cette dépression longitudinale l’intrigue. 

Il grimpe sur le premier plan grâce à la souche d’arbre qui fait office de seuil. 

De là, il remarque que cette sorte de bisse, liée à un écoulement d’eau de pluie, est tapissé de sédiments, de mousse et de champignons. Cette brèche se répète sur les 3 niveaux ce qui lui donne une continuité. 

Il escalade ensuite les 2 plans qui sont accessibles. 

Au sommet du 3e, Hervé se retourne en direction de la Venoge. 

L’homme veut manger, il enjambe la brèche puis s’appuie contre un plan vertical en bois. Là où il s’assoit le terrain est légèrement en pente comme pour amener l’eau en direction de la brèche. 

Après avoir mangé tranquillement et rangé ses affaires, il redescend et continue sa balade en se demandant si la structure en bois allait peu à peu faire partie intégrante du paysage et disparaître, ne faire plus qu’une avec l’environnement naturel… Aujourd’hui cet espace existe, de part sa matérialité construite.  Est-ce la définition d’un espace éphémère?  A partir de quand de cet espace, il ne restera qu’une trace…?