Le territoire décide

Par Bopeso Stephen, Estreicher Clement, 18/12/19

La vallée est morte. L’étroit couloir est semé d’embûches, comme si la nature s’opposait à sa visite. Mais pour survire, l’homme doit en sortir. Il fait chaud. Très chaud. Ses déplacements, lents et éprouvants, ne s’opèrent d’ailleurs que la nuit. Dans ces conditions hostiles, il se doit de tirer profit de chaque élément du territoire. La fraicheur des cavernes est précieuse, permettant la récolte de quelques gouttes d’eau qui s’échappent de la roche et ruissèlent le long des parois.

Ce soir-là, alors que l’homme s’apprêtait à reprendre son chemin, un dernier rayon de soleil attire son attention. Au pied d’un tronc calciné, dans une fissure de terre sèche, repose une graine. Lueur d’espoir dans un paysage désolé, il décide d’en prendre soin. Afin de lui procurer de l’ombre, l’homme assemble grossièrement quelques souches en un plan et l'élève en position verticale. Après avoir tenté de l’implanter, il se réduit à poser la paroi dans un creux, tant le sol est dur. Il construit également une gouttière le long de la roche pour nourrir la plante.

Mais ses efforts sont récompensés. L’arbre croit à une vitesse folle – et l’homme s’élève avec lui. Son ascension est légère, naturelle. Et lorsqu’il touche les premiers nuages, l’homme réunit plusieurs branches pour se reposer. En bas, il devine encore la vallée ; mais en se penchant encore un peu, il devrait bientôt pouvoir dépasser l’horizon.