Linéarité du point, ponctualité de la ligne.

Par Perrin Leo, Rey Mikael, 13/10/19



Image Sun Oct 13 2019 12:01:31 GMT+0200 (CEST)


Infini fini, oxymore ou pléonasme ? 

Infini et fini sont par définition antonymes. Cependant, dans leurs diverses applications respectives, des éléments font chanceler cet adage étymologique.

Dans leur emprise physique, la barrière entre infini et fini ondule et s’efface. Les lignes d’un dessin ont prétention à l’infini mais elles s’évanouissent au bout de leur course effrénée, dans le point, abyme fini.

Notre propre temps vient aussi défier cette antonymie. Dans un monde où la course à la consommation excessive fait miroiter un futur synonyme d’infini, l’aspect fini du futur s’impose de plus en plus et vient couper cet élan sans limite. Le futur temporel devient alors un mirage, se balançant entre ces deux hémisphères.

Finalement, le simple concept d’infini nuit à lui-même. Tout comme le tétragramme YHWH, utilisé chez les juifs afin de ne pas prononcer Yahvé, évitant ainsi toute déformation de l’essence divine, nommer et définir l’infini revient inexorablement à le limiter et donc à le rapprocher d’une sphère finie.

Le préfixe négatif « in » d’infini semble n’être alors qu’obsolescence, relique d’une étymologie anachronique.