• Présentation finale

    Par Ackermann Remo, Bozon Ninon, Dujardin Solange, Gindroz David, Hoxhaj Fjolla, Ibrahimi Fidan, Immer Basile, Kuenzi Elisa, Mokaddem Khalil, Nguyen Huynh Maud, Pleines Felix, Schneider Mateo, Suter Axelle, Takatch Valentina, Udriot Cyril, Wasserfallen Benedict, 26/05/20

    INTRODUCTION

    Le nom Mangrove désigne le site fluvial élu pour l'érection de notre HOUSE à Genève. Ladite HOUSE est l’aboutissement d’une collaboration entre les différents studios de première année d’architecture de l’EPFL. Après moult semaines de pandémies et de conception, une édification proto-structurelle voit enfin le jour au bord du Rhône. C’est dans ce contexte d’amalgame virtuel de bouts de bois que s’inscrit le projet du studio Fauvel. La volonté du studio est de créer un lien unissant les divers studios qui habitent la proto-structure et ainsi former un parcours à travers la HOUSE. 


    Nous vous proposons à présent de parcourir ce projet à travers la narration d'une personne découvrant le site et ses divers constructions...




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    En arrivant par le sentier Ouest qui passe à travers les arbres, je découvre cette installation dans son entier.  

    Je descends le dénivelé en direction du Rhône pour arriver sur une étendue de site délimitée par la pente et la protostructure.



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    Depuis cette cour je m’approche de la construction et c’est par trois emmarchements que j’entre dans le projet. Je décide de m’attarder un temps, sur ces marches assez hautes pour me permettre une assise ainsi qu’un adossement. C’est donc  dans ce lieu limite entre le site et la construction que je décide de m’arrêter pour lire un chapitre de mon livre.




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    Je sens alors quelques gouttes de pluie sur ma peau et décide de m'abriter sous ce couloir longeant l’étendue de site par laquelle je suis arrivée. La pluie plus forte résonne sur la toiture transparente au dessus de ma tête. Mais elle ne fait pas que s’y butter, elle s’y écoule aussi, créant un ruissellement sur toute la longueur de la toiture.



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    Cet axe de circulation dégagé sur la longueur  m’incite à découvrir ce qui s’y passe au-delà.



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    Arrivée au bout du couloir j’entre dans une partie qui semble être l’entrée principale de la House. Deux emmarchements se font face. Je les longe et m’éloigne un temps de la construction.



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    Cette prise de recul me fait lever les yeux au ciel et j’aperçois tout un tas de bribes de projets qui s'entremêlent pour ne former qu’une entité dense et cohérente qui donne envie d’être parcouru. Je décide donc de continuer ma balade et quitte cette entrée tout en gardant en tête que je reviendrai peut être et prendrais le temps de m'y asseoir un jour, qui sait pourquoi pas avec des amis ? 



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    J'emprunte une entrée étroite sur ma droite et entre dans le projet de “Tom l’emmoiré”. Je m’approche du Rhône dont j’entends le ruissellement. Je finis par atteindre son bord, enlève mes chaussures et y trempe mes pieds. Je lève une seconde fois la tête et vois un filet qui me surplombe. Et sur ma droite au abords d’une plateforme en béton, à moitié caché par la construction en bois, j'aperçois un escalier.



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    Je remet mes chaussures et m’y  engage. Je me fraie une chemin en soulevant les toiles légères et transparentes qui jonchent cet escalier. Je prends petit à petit de la hauteur. Cette ascension me permet un nouveau point de vue sur l’ensemble du projet : je distingue le haut des parois de “l’Hortus Conclusus “ ainsi que celles de “Tom l’Emmoiré”. Arrivée au point culminant je rejoins une galerie qui m’offre une vue dégagée sur le Rhône ainsi que sur la rive d’en face.





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    Après mon ascension je découvre cet espace aérien et vois des personnes adossées contres des filets longeant cette galerie. Ces gardes corps légèrement inclinés forment des cocons autour des personnes s’y aventurent, ainsi qu’un lieux d’arrêt ET de contemplation du panorama dégagée sur le Rhône ainsi que ses rives. Je m’avance le long de ce couloir élastique  avec une sensation de rebond.



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    Je me retourne et remarque une structure close à mi-hauteur de laquelle dépassent plusieurs arbres. J’avance donc pour rejoindre ce niveau intermédiaire et c’est un premier escalier qui permet de m’y rendre (lui même relié à l’escalier des toiles, créant ainsi une boucle au sein parcours). Arrivée sur ce plancher je me retrouve sur ce qui semble être une coursive se déployant autour d’un jardin clos.



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    FIN


    Préfère-t-on regarder le projet du haut vers le bas ou du bas vers le haut ?

    Réponse à la question et rencontre des 2 personnages A et B :

    Hop, hop Alice monte les marches une à une. Hop, hop, hop Alice accélère la cadence. Soudain Alice aperçoit Bob et s’apprête à lui esquisser un vague sourire de politesse au moment où ils se croisent. Mais Alice ne regarde pas ses pieds. BAM! Alice rate une marche, perd l’équilibre et se retrouve à moitié allongée sur les marches de l’escalier.

    -          « Rien de cassé  ? » s’écrie Bob en courant à son retour

    -          « Non, non » répond cette dernière en grimaçant de douleur, « et voilà un beau bleu sur la jambe droite en plus d’une humiliation publique » se dit Alice.

    -          « Vous êtes sûr(e) ? Mais il fallait faire plus attention : pourquoi vous précipiter comme ça en montant ? » répond Bob amusé

    -          « En toute vérité, j’étais simplement pressée de monter pour voir la vue.

    -          Tenez, donnez-moi la main, je vais vous aider à vous relever… Mais c’est drôle car moi, en fin de compte, après être monté je me dis que je préfère la vue que j’avais lorsque j’étais en bas.

    -          Aïe merci… » Alice se relève péniblement.  « Mais c’est parce qu’en arrivant sur le site, par le chemin en hauteur, mon regard était d’abord au même niveau qu’au premier étage de la structure. En descendant j’ai réalisé que la structure était bien plus élevée et j’ai encore eu plus envie de monter pour tout dominer. Lorsqu’on est en haut et qu’on regarde vers le bas, on assiste à un changement d’échelle : les gens nous paraissent tout petits.

    -          Mais il me semble que vous avez raté une étape, sans vouloir vous contredire, c’est d’ailleurs pour ça que vous avez dû rater une marche. Alice force de vouloir regarder vers le bas, c’est normal qu’on tombe par terre !

    -          Oui bon pas besoin de me le rappeler à chaque fois » se retient Alice de s’exclamer, se contentant de mauvaise grâce de froncer les sourcils.

    -          « Pour vouloir regarder du haut vers le bas il faut d’abord regarder du bas vers le haut. La première chose qui frappe le regard lorsque l’on arrive sur le site, c’est cette structure de plus de dix mètres de hauteur qui s’élève parmi les arbres. Quand quelque chose se dresse en hauteur devant moi, j’ai tendance à regarder vers le haut afin d’appréhender les dimensions de l’objet.  Et tout en entrant dans le vestibule je portais mon regard vers le haut. Je me suis rendu(e) compte que l’intérêt de cette structure, à partir du moment où j’ai gravi l’emmarchement, consiste à me mener au-dessus du sol. Le principe de cet escalier était donc de vous guider dans votre ascension. Les deux types de vue fonctionnent bien ensemble. Tenez, un autre exemple :  on passe notre vie à regarder vers le bas, ce qui découle de nos contraintes anatomiques et de notre environnement. C’est uniquement lorsque l’on souhaite contempler un artefact dont le gravitas invite à se plonger dedans que l’on regarde vers le haut.

     

    -          Bon, j’admets quelque peu à contrecœur que vous avez raison : regarder vers le haut se complémente toujours de regarder vers le bas, car les deux fonctionnent ensemble pour avancer. Notre préférence s’adapte en fonction de notre emplacement dans le projet qui joue avec les hauteurs des parcours. Nous sommes poussés à prendre de la hauteur et d’inventer nos niveaux, comme celui de la coursive du jardin. On ne peut donc pas se limiter qu’à un type de positionnement. D’ailleurs puisque le projet est dans l’ensemble assez transparent, avec l’utilisation du plexiglas, de toiles ou de filets, il offre des vues  dans toutes les directions. 

    -          Tout à fait ! Il serait alors réducteur de se limiter à deux seules directions de visions, à savoir le haut et le bas proposé dans la question. Il faut prendre en compte les directions transversales, diagonales, circulaires.

    -          Nous sommes d’accord. Sur ce, merci de votre aide mais je vais continuer mon chemin… » Alice s’apprête à s’éloigner.

    -          « Attendez, ne partez pas si vite ! » s’exclame Bob « Prenez du temps d’abord pour regarder vers le haut et du plaisir. C’est une position de contemplation : lorsqu’on regarde vers le ciel, on se retrouve plus proche de ce dernier et de la cime des arbres. Cela renvoie surtout à une attitude rêveuse : la tête dans les nuages. » Les yeux de Bob se mettent à briller, ravis. « Mais regarder vers le bas, renvoie quant à lui une attitude plutôt terre à terre, c’est bien dommage… “Tu ne trouveras jamais d'arc-en-ciel si tu regardes toujours en bas.” Disait ce bon Charlie Chaplin.

    -          Certes mais notez que regarder du haut vers le bas est une marque de supériorité et de domination. Or, Les vainqueurs sont ceux qui dominent, ce pourquoi je pense avoir le dernier mot sur notre petit discours et y mettre définitivement fin ! » répond Alice, croyant enfin avoir cloué le bec de ce bien bavard Bob

    -          Notre discussion ne peut pas s’arrêter là pourtant. Regarder de haut en bas ou de bas en haut n’est pas simplement une façon de juger le monde et les individus…

    -          C’est à dire ? » réplique Alice, perplexe

    -          « Pourquoi donc l’homme cherche-t-il à s’extraire par le haut et prendre de la hauteur ? Qu’est ce que cela apporte de plus à celui qui est en bas et celui qui en haut ?

    -          Je vois, et si je continue dans votre direction on peut se demander pourquoi construire des tours de gardes, des belvédères, sur des lieux d’ailleurs déjà surélevés ? » réplique Alice étonnée de prendre plaisir à s’impliquer dans la discussion.

    -        « Tout à fait » Sourie Bob, satisfait de voir Alice s’interroger. « Je pense que l’homme construit des bâtiments hauts pour avoir un large champ de vision. Au Moyen Âge cela permettait de surveiller les ennemis au loin. Et plus les tours étaient hautes, plus il était intimidant pour ces derniers d’essayer de s’en emparer et difficile d’y accéder. Prendre de la hauteur était un moyen de se protéger. Cela a bien évolué depuis même si je me suis tout de suite senti impressionné par la grandeur de la structure en arrivant sur le site.

    -          « Et les Belvédères, de l’italien Bello Vedere signifiant belle vue offrent un vue panoramique, le but étant d’admirer l’horizon et de ce. !naître le territoire, de même que les coursives de cette structure, face au Rhône, » renchérit Alice. « L’observateur en bas d’un Belvédère est toujours intrigué d’en gravir les marches, tout comme moi actuellement. Et bien on peut dire que cette discussion nous a permis de prendre de la hauteur sur le sujet et je vous en remercie 


  • documents communs week 27

    Par Gindroz David, Hoxhaj Fjolla, Ibrahimi Fidan, Immer Basile, Kuenzi Elisa, Mokaddem Khalil, Nguyen Huynh Maud, Pleines Felix, Schneider Mateo, Suter Axelle, Takatch Valentina, Udriot Cyril, Wasserfallen Benedict, 17/05/20



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  • Catalogue week 25 (ambiances)

    Par Ackermann Remo, Bozon Ninon, Dujardin Solange, Gindroz David, Hoxhaj Fjolla, Ibrahimi Fidan, Immer Basile, Kuenzi Elisa, Mokaddem Khalil, Nguyen Huynh Maud, Pleines Felix, Schneider Mateo, Suter Axelle, Takatch Valentina, Udriot Cyril, Wasserfallen Benedict, 03/05/20

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  • scénario d'une visite de la mangrove

    Par Ackermann Remo, Bozon Ninon, Dujardin Solange, Gindroz David, Hoxhaj Fjolla, Ibrahimi Fidan, Immer Basile, Kuenzi Elisa, Mokaddem Khalil, Nguyen Huynh Maud, Pleines Felix, Schneider Mateo, Suter Axelle, Takatch Valentina, Udriot Cyril, Wasserfallen Benedict, 03/05/20

    Mais où a-t-il bien pu passer? J’ai beau fouiller inlassablement les buissons, je n’arrive pas à distinguer mon chien dans cet environnement si naturel, mêlant feuillages luxuriants et troncs majestueux. “Julius !”, je continue à pleins poumons. Mes yeux, scrutant les alentours de mes pieds crapahutant sur le terrain, se butent soudain sur un détail quelque peu déroutant : un changement abrupt - mais à la fois délicat - entre un sol naturel et un autre aménagé. Une touche humaine, dans une périphérie urbaine inexploitée comme celle-ci ? Mon regard s’élève alors, longeant un tronc particulièrement proche de ce que je semble avoir identifié comme étant un plancher. Et c’est à cet instant que j’aperçois sa grandeur, son élégance. Une structure en bois imposante, par sa taille, occupe un site que j’ai l’habitude d’arpenter : celui de la Mangrove. “Oh mais j’entre-aperçois même d’autres matériaux là-bas au fond, et ici en bas”, me dis-je. Contrastant la staticité de cette construction, des mouvements irréguliers attirent quasiment immédiatement mon attention. Je réalise rapidement que ça grouille dans tous les sens : à plusieurs niveaux, sur différentes largeurs, à distinctes distances. Une petite fourmilière de personnes semblent en fait s’activer afin d’occuper pleinement les espaces offerts par cette structure. Et c’est en parcourant du regard cette sorte de long couloir aux parois transparentes qui s’étendait devant mes pieds que je vois Julius, me narguant presque à quelques mètres de moi. Comme démasqué, il se retourne, dos à moi, et continue son exploration. À mon tour, je suppose. 

     ***

    Même en franchissant cette sorte de frontière au sol aperçue plus tôt, m'immisçant alors intégralement dans la structure, je ne parviens plus à trouver Julius du regard. C’est là que je remarque quelque chose semblant être des gradins sur ma gauche, surélevés par rapport au reste. Ça me permettrait potentiellement d’avoir une vue plus globale sur ce qui ce passe, si je les atteignais. Avec l’espoir de retrouver mon chien, je me lance en direction de cette ascension. Cette dernière se faisant face au chemin que je viens de quitter, je me retourne, finalement arrivé en haut après quelques efforts. “Wow”, je lâche, ébahi. Ce qui s’étend devant mes yeux dépasse ce que j’avais tenté d’imaginer : cette structure dans laquelle je me trouve se prolonge jusqu’aux abords du Rhône, et s’élargit même vers la droite, plus loin. Maintenant plus apte à contempler globalement cette structure, j’essaie de resituer l’endroit où Julius est apparu pour la dernière fois. Mon regard longe cet escalier sur lequel je me trouve ; il descend de quelques mètres, imitant la pente du site. Il semble se passer quelque chose plus bas, comme un espèce de passage vers ce qui apparaît être un couloir, similaire à celui tout en longueur, filant en direction de l’eau, que j’avais entrevu juste auparavant. Intrigué, je franchis donc les quelques marches qui m’en séparent et m’y enfile, et ces gardes-corps m’entourant réussissent même à me faire oublier sa presque étroitesse. Progressant en plein coeur de cette structure, me laissant guider par ce chemin tracé pour moi, je remarque une analogie avec ce que l’on pourrait nommer plus  communément house, de part son foisonnement de petits espaces s’emboîtant les uns avec les autres ainsi que de liaisons reliant ces derniers entre eux. Prenez par exemple l’endroit où je me trouve : il surplombe tel un balcon ce que l’on pourrait appeler un patio. Me freinant quelques secondes, j’observe avec amusement ce qu’il se passe sous mes yeux, m’appuyant sur un garde-corps. Un petit groupe de personnes prend un certain plaisir à déplacer des panneaux - la plupart en bois - composant une multitude d’espaces différents : un jeu se crée. Un aboiement au loin me sort soudain de mes pensées. Julius ! Son appel semble venir d’un autre niveau, plus bas. J’active le pas, toujours en direction du Rhône. Après avoir vrillé à droite, c’est avec mon plus grand enthousiasme que je découvre une petite ouverture dans ce chemin guidé par ses parois. Petite ouverture semblant mener à un escalier descendant d’un niveau. Julius j’arrive ! M’embarquant sur l’escalier, je note sa presque instabilité : c’est un escalier suspendu ! Arrivé à son pied, d’innombrables possibilités de passages s’offrent à moi, tel un dédale. Comment vais-je bien pouvoir retrouver mon chien parmi ces innombrables choix à faire? Tournant sur moi-même dans le but de trouver un quelconque indice, je crois apercevoir au loin un mur comme tissé, laissant parfois passer la lumière. Ce mur a l’air de servir de liant à la pente du site et les escaliers que j’avais emprunté au tout début de ce périple. Serait-ce des briques fines, telles des tuiles superposées de façon à créer un motif? J’irais bien observer tout ça de plus près, mais un deuxième appel de mon canidé me fait me retourner. Et c’est là que je l’aperçois, enfin ! Il est perché sur en haut d’un escalier, plus ou moins à même niveau que moi, mais toujours à quelques mètres de moi. “Comment as-tu bien pu te rendre là-bas mon beau?”, dis-je tout haut, ne voyant pas le départ de l’escalier en question. L’abondance de passages différents au sein de cet espace combinée au brouhaha de gens qui le sillonnent me donnent presque le tournis. Presque instinctivement, je m’engage dans le seul escalier non occupé par une tierce personne : un escalier qui mène en dessous du plancher sur lequel je me dresse. L’empruntant prudemment, je comprends vite pourquoi seuls les intrépides doivent s’aventurer ici. En effet, la hauteur sous plafond est restreinte, je me retrouve recourbé. C’est en esquissant un petit sourire que j’imagine Julius gambader par ici, à l’abri de l’agitation et des regards. Avançant difficilement, c’est avec soulagement que je découvre une élévation de la hauteur du plafond, me permettant de me redresser. Et un autre escalier. Me mènerait-il à celui de Julius? Encore une fois, mon instinct décide pour moi et me fait sortir de cet espace à part, cloîtré, comme hors du temps. À nouveau en contact direct avec la lumière du jour, je me retrouve sur une petite plateforme, celle où se trouvait expressément mon chien il y a de ça quelques minutes. Cette partie de la house se présente à mes yeux comme une nouvelle ambiance ; un changement de rythme s’est opéré.

    ***

    Après la confusion que l’abondance des chemins a provoquée en moi, cet espace ouvert me semble plus abordable. Je m’avance vers la rambarde pour mieux contempler les quatre platanes occupant cet espace comme s’il avait été conçu pour les démarquer de leurs confrères et les sublimer. On dirait qu’ils s’élèvent jusqu’au ciel. Et pourtant, je regarde vers le haut, mais ce n’est pas le ciel que je vois. Quelle majestuosité… Les couronnes des arbres s’entremêlent, créant un toit vivant qui tamise la lumière du jour. Je regarde vers le bas. Tiens, on dirait que les deux arbres à droite fusionnent avant d’atteindre le sol. Et… c’est un jardin là en bas ? Je suis persuadé que la curiosité de Julius a dû le guider jusqu’à celui-ci. Il doit sûrement être dans les parages… Je me déplace sur la coursive et me penche pour mieux voir. Mon attention est capturée par un petit groupe qui s’avance dans la cour. Il y a un autre chemin sous moi ? Et on peut marcher dans le jardin ? Comment on y accède ? Je scrute les alentours et j’aperçois un escalier descendant sur ma gauche. Ça doit être par là. Mais il y a un autre chemin qui semble mener vers de nouveaux espaces en face de moi. Où aller ?

    ***

    Je me décide pour l’escalier. Tiens, ici on peut marcher autour du jardin. Je fais lentement le tour, contemplant les plantes. Je dois descendre dans le jardin pour pouvoir croiser quelqu’un semblant perdu dans ses pensées. En parlant de “perdu”... je n’ai toujours pas retrouvé Julius. Je jette un coup d’oeil autour de moi, mais je ne l’aperçois pas. Les parois qui m’entourent imitent des rideaux, laissant entrevoir l’extérieur mais me protégeant de celui-ci… cette sensation d’intériorité m’envoûte et finit par me faire oublier ce que je cherchais. Le charme de cet espace ne me laisse pas indifférent et le chant des oiseaux  rend ce lieu d’autant plus pittoresque. Je comprends maintenant pourquoi les promeneurs ont tous un air songeur. Enfin, j’aperçois une sortie en face de moi, et décide d’aller explorer ce qu’il y a de l’autre côté. 

    ***

    Je décide de revenir à la civilisation et d’entrer dans la structure. Il y a un va et vient de personnes qui se rencontrent, passent, s’arrêtent seules ou à plusieurs. Chacun habite cet espace à sa manière. Je décide de prendre du recul par rapport à cette fourmilière. Ce que je cherche est sur ma gauche, un emmarchement me ramène à la réalité naturelle de cette espace. En sortant de cette espace, je redécouvre la nature qui s’étend devant moi. Je décide de me retourner et je vois cette immense structure foisonnante et si mystérieuse. Mon regard se porte vers le Rhône que et découvre l’avancée au dessus des flots. Intrigué et avec l’envie de toucher l’eau je rentre dans ce labyrinthe de bois et de toiles à la recherche de la bonne entrée. La première entrée sur la droite doit être la bonne.

    ***

    Je me rapproche de l’eau et plus je m’avance plus les parois semble onduler sur mon passage. Les parois dansent devant moi m’accompagnant, et m’hypnotisant, vers l’eau. J’arrive sur une plateforme, sortant de ce dédale mouvant. Cette plateforme semble être sur l’eau. Cet espace ouvert après un dédale de parois nous coupent du reste de la structure. Je me sent si proche de l’eau, de la nature avec tout ses arbres penchées me surplombant. Je communie avec le site. Je sors de ma transe en entendant Julius abboyer au loin. Il faut absolument que je retrouve ce chien. Mon chemin de retour me ramène dans cette valse avec les parois.

    ***

    Je ressors enfin en me questionnant si le bois est réellement une matière dure ou souple. Ces questions tournant dans ma tête me mènent naturellement plus loin dans cette structure, attiré par cette coursive couverte. La vision sur le Rhône est obstruée mais celle sur la nature absolument pas. Je peux observer la majestuosité des arbres. Plus j’avance plus j’ai cette sensation qu’il faut sortir et retrouver la réalité. Mon cheminement de pensée est perturbé par cette paroi qui coupe la galerie. Intrigué, je m’y intéresse de plus prêt et me rend compte que c’est une invitation vers un espace bien mystérieux qui m’attire pour en découvrire ses secrets. 

    ***

    Perdu de vue, le chien pourrait à présent être n’importe où. Dans le hasard de mon parcours, deux hauts murs indiquent une entrée. Il m’est aisé de comprendre que c’est une mauvaise idée, que le chien ne s’y trouve pas. J’y pénètre toutefois, ma spontanéité guidée par l’incongruité de la hauteur des parois. De l’extérieur, une boîte, une espèce de grand local entouré de membranes de tissu. Deux pas et je me trouve aussitôt à l’intérieur d’un maigre couloir dont les dénouements sont pluriels. Je longe les parois dont les galandages structurels semblent presque dessiner des flèches. À la première ouverture, je jette un regard curieux. Le sol s’arrête à l’entrée de ce premier espace, carré de sol naturel entièrement cloisonné. Je lève la tête, le ciel apparaît, cadré par le haut des cloisons. Je l’aperçois vaguement : les feuillages des arbres tout autour dansent. Le parcours continue. Au bout du même couloir, j’entre dans un deuxième enclos, radicalement plus grand. Le sol dessine une passerelle qui guide mes pas, tandis que son absence par endroits permet la résurgence du sol boueux. Quelques arbres percent la passerelle et s’élèvent plus haut encore que les parois. Leurs couronnes dessinent des ombres sur le tissu qui frétillent. Je marche encore et je semble aboutir au même couloir, à une même étroitesse qui anticipe mon parcours pour me diriger à l’entrée d’un troisième instant. Trois murs paraissent cadrer le Rhône. Le sol indique une limite, la passerelle de bois s’arrête presque à l’entrée de la pièce et ne m’invite qu’à rester en retrait. Quelques minutes disparaissent. Je pars à nouveau et aperçois une sortie. Un regard vers la droite m’apporte la certitude d’être retourné au couloir de départ. Deux pas achèvent mon retour au chemin initial. Julius est là, assis, m’attend l’air béat. 

    ***

    Julius n’arrive pas à se calmer depuis qu’il a aperçu un magnifique golden retriever dans les filets. Il nous regarde. Je veux le calmer parce qu’il est trop petit pour aller marcher sur ces filets. Mais impossible de le calmer. Je prends la décision de l’amener en haut quitte à le porter sinon je ne serai jamais tranquille. Je cherche donc l’accès pour  parvenir à l’étage supérieur mais de grands pans de tissu bloquent ma vision. Je m’en approche pour voir si je ne verrais pas un escalier ou une échelle pour atteindre l’étage supérieur. C’est la que je réalise que les toile et l’escalier ne font qu’un. Mais il faut que je rentre dans l’espace qui nous rapproche du Rhône. Je commence à monter ces marches avec comme seule vision l’arrivée. 

    Premier palier. 

    Dilemme. Monter à gauche ou à droite… je décide de prendre par la droite puisque qqn est arrêté au milieu de l’escalier de gauche. La montée finale devient irréelle. Avec les toiles sur les côtés, j’ai cette sensation de flotter et de m’envoler avec elles vers la fin de la structure. Arrivé au sommet, la vue est époustouflante. La vue sur le Rhône est à couper le souffle ; on voit clairement la rive sur le côté opposé. Je prend Julius dans mes bras et commence l’aventure sur les filets. Je remarque un groupe de personnes adossé contre un filet sur le côté de la construction. Je m’approche un peu plus et remarque du coin de l’oeil une discontinuité dans le paysage. Sur la rive en face une structure similaire et si différente nous fait face. Je continue mon chemin qui me fait changer ma vision de ce que j’ai visité et observer le mouvement de toutes ces personnes allant et venant. Arrivé au bout, je rejoins l’escalier que j’ai vu préalablement. Je pense que la boucle est bouclée.

    Je vais pouvoir rentrer avec la plus belle des découvertes en tête.

  • Catalogue week 25 (structurel)

    Par Ackermann Remo, Bozon Ninon, Dujardin Solange, Gindroz David, Hoxhaj Fjolla, Ibrahimi Fidan, Immer Basile, Kuenzi Elisa, Mokaddem Khalil, Nguyen Huynh Maud, Pleines Felix, Schneider Mateo, Suter Axelle, Takatch Valentina, Udriot Cyril, Wasserfallen Benedict, 03/05/20




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