HOUSES_fiction

Par Toupance Sacha, 03/05/20

Extrait de la fiction de la Mangrove. Projet MARECHAL. 


Perdu de vue, le chien pourrait à présent être n’importe où. Dans le hasard de mon parcours, deux hauts murs indiquent une entrée. Il m’est aisé de comprendre que c’est une mauvaise idée, que le chien ne s’y trouve pas. J’y pénètre toutefois, ma spontanéité guidée par l’incongruité de la hauteur des parois. De l’extérieur, une boîte, une espèce de grand local entouré de membranes de tissu. Deux pas et je me trouve aussitôt à l’intérieur d’un maigre couloir dont les dénouements sont pluriels. Je longe les parois dont les galandages structurels semblent presque dessiner des flèches. À la première ouverture, je jette un regard curieux. Le sol s’arrête à l’entrée de ce premier espace, carré de sol naturel entièrement cloisonné. Je lève la tête, le ciel apparaît, cadré par le haut des cloisons. Je l’aperçois vaguement : les feuillages des arbres tout autour dansent. Le parcours continu. Au bout du même couloir, j’entre dans un deuxième enclos, radicalement plus grand. Le sol dessine une passerelle qui guide mes pas, tandis que son absence par endroits permet la résurgence du sol boueux. Quelques arbres percent la passerelle et s’élèvent plus haut encore que les parois. Leurs couronnes dessinent des ombres sur le tissu qui frétillent. Je marche encore et je semble aboutir au même couloir, à une même étroitesse qui anticipe mon parcours pour me diriger à l’entrée d’un troisième instant. Trois murs paraissent cadrer le Rhône. Le sol indique une limite, la passerelle de bois s’arrête presque à l’entrée de la pièce et ne m’invite qu’à rester en retrait. Quelques minutes disparaissent. Je pars à nouveau et aperçois une sortie. Un regard vers la droite m’apporte la certitude d’être retourné au couloir de départ. Deux pas achèvent mon retour au chemin initial.