• À travers

    Par Von Flüe Oriane, 28/02/20

    À travers : "par un mouvement transversal d'un bout à l'autre d'une surface ou d'un milieu qui constitue un obstacle".

    Le Petit Robert, Éd. 2016, p. 2611.


    Image Mon Mar 30 2020 01:27:19 GMT+0200 (CEST)


    Synthèse du projet en trois traits, feutre noir.


    LE SITE

    Genève : (re)découverte, investigation du site & implantation fictive


    Site de la Mangrove : petit bout de terrain, relativement éloigné de la civilisation urbaine genevoise. Promeneurs, avec ou sans chien(s), et coureurs y défilent les uns après les autres, prenant le temps de contempler la splendide vue offerte par le Rhône. Quelques courageux se tâtent même à s'asseoir quelques minutes, jusqu'à ce que l'air frais les incite à poursuivre leur chemin. Un lieu de passage donc, et de loisirs.

    Image Sat Mar 14 2020 15:06:47 GMT+0100 (CET)

    Vision particulière. L'Arve et le Rhône se confondant ; un pont - sur lequel la photographie est prise - reliant deux rives, toutes deux abritant chacune un site à investiguer : le parking & la Mangrove.


    ***


    Une des deux protostructures concernant les trente étudiants que nous sommes (deux studios étant regroupés) sera installée de façon à couper le site de la Mangrove en deux, débutant depuis le muret et se prolongeant jusqu’en haut de la dénivellation. Elle stoppera alors net le chemin des passants, à moins qu'ils ne s'essaient à quelques acrobaties. La notion de passage s'est ainsi dessinée comme étant point d'ancrage principal de ma recherche, mon but devenant en conséquence de faciliter la traversée de la construction.


    Image Sat Mar 14 2020 15:06:47 GMT+0100 (CET)

    Illustration de la séparation provoquée par l'installation de la protostructure (en couleur) une fois sur le site, croquis d'observation.


    Image Sat Mar 14 2020 15:06:47 GMT+0100 (CET)

    Protostructure humaine : chaque personne représente un poteau extérieur ; l'espace entre deux personnes représente une distance d'1.60m, largeur d'une cellule.


    Image Mon Mar 30 2020 13:03:41 GMT+0200 (CEST)

    Implantation du projet sur le site, plan, 1:100.


    Image Mon Mar 30 2020 13:03:41 GMT+0200 (CEST)Implantation du projet sur le site, seul au sein de la protostructure, élévation, 1:200.


    Image Mon Mar 30 2020 20:52:03 GMT+0200 (CEST)

    Zoom sur le projet, modélisation 3D via Rhino.


    Image Mon Mar 30 2020 20:52:03 GMT+0200 (CEST)

    Implantation du projet sur le site, axonométrie, via Rhino.


    ***

    LA PROTOSTRUCTURE

    Modélisation du site : collaboration, partage des tâches, ajustements 


    Entre construction de la maquette de la protostructure en 1:10, mise en place de la topographie et les dessins en commun en 1:33 mettant en lien tous les projets individuels, la trentaine d'étudiants que nous sommes s'affairent telles des fourmis afin de procéder à une répartition et réalisation des tâches.

    Image Sun Mar 15 2020 13:38:34 GMT+0100 (CET)
    Image Sun Mar 15 2020 13:38:34 GMT+0100 (CET)

    Modélisation de la protostructure & de la topographie en atelier, échelle 1:10, travail commun.


    ***

    Du côté solo : émergence d’idées, ébauches & évidement


    Notion de passage donc. Pourtant, plusieurs éléments structurels de la protostructure de base bloquent sa traversée paisible. Pourrait-on alors imaginer renoncer à ces éléments, à condition de proposer une compensation structurelle ainsi qu'un renforcement statique ? Ou serait-il possible de les contourner ? Existerait-il une option réunissant ces deux points ? 


    Image Mon Mar 30 2020 01:27:19 GMT+0200 (CEST)

    Protostructure originelle, sans modification. Ce sont principalement les lambourdes horizontales, à 90cm du sol, qui gênent le passage direct en son travers. Perspective via Rhino.


    Image Mon Mar 30 2020 01:27:19 GMT+0200 (CEST)

    Évidement de la protostructure, maintenant prête à accueillir le projet. Perspective via Rhino.


    ***

    Image Sun Mar 15 2020 13:38:34 GMT+0100 (CET)Image Mon Mar 02 2020 21:08:54 GMT+0100 (CET)

                                                                Points de départ : lier différents niveaux par le biais d'un escalier ;                                                                                                            délimiter un passage étroit à l'aide de parois, rendant l'espace quelque peu confiné.

    Sketch by Adolphe Appia for the set of a Wagnerian drama ; "looks like passage through a Richard Serra Installation".


    Image Sun Mar 29 2020 20:26:42 GMT+0200 (CEST)

    Vue du projet initial à son entrée, coupe transversale occupant plus de trois cellules côté Rhône, plan coupé. 1:25.

    Image Mon Mar 30 2020 15:32:56 GMT+0200 (CEST)

    Coupe transversale avec évidements côté pente & plan complet. 1:25.


    ***

    LA TRAVERSÉE

    Image Mon Mar 30 2020 01:27:19 GMT+0200 (CEST)

    Vision globale du projet isolé, vue extérieure. Axonométrie via Rhino, 1:20.


    ***

    Review intermédiaire : définir les limites, les explorer et les dépasser 


    Sortir de la protostructure au lieu de s'y limiter, de s'y contenir. S'échapper. Outrepasser. Déborder. Se répandre.


    Image Mon Mar 02 2020 20:22:46 GMT+0100 (CET)

    Relier deux éléments ensemble, joindre deux côtés, toucher terre à nouveau après s'être élevé(e).


    Pourquoi se restreindre à la protostructure, à une cellule de taille prédéfinie, alors qu'en sortir éliminerait quelques contraintes, comme la suppression de quelques lambourdes de la structure de base ? Surpasser les obstacles donc, tel ce pont enjambant la colline rocheuse.


    Image Sun Mar 29 2020 20:26:42 GMT+0200 (CEST)

    Ajouter quelques marches, monter un peu plus haut, sortir de la protostructure. Coupe en élévation, 1:25.


    ***

    Développement conceptuel : amplification, agrandissement, enrichissement


    Une traversée, quelques évidements. Et si l'on explorait ces deux concepts ? Et si l'on poussait plus loin le fait de traverser, puis d'évider la protostructure ? Permettre plus de passages, car parfois, créer une ouverture veut à la fois dire bâtir des murs. De nouveaux obstacles à franchir donc, et pour cela, de nouveaux évidements sont nécessaires.

    Image Sun Mar 29 2020 20:26:42 GMT+0200 (CEST)

    Tests et évolution de la pensée : projet contenu au sein de la protostructure, puis dépassant le cadre, et finalement trois passages ajoutés. Échelle 1:200. 


    ***

    Prospection de l'intériorité : découverte de l'espace par deux biais : la maquette en bois & le logiciel Rhino



    Ce projet, proposant avant tout une traversée dans la largeur de la protostructure, présente au final une multitude de passages et d'ouvertures. En voici un semblant de parcours visuel.


    Image Sat Mar 21 2020 19:17:16 GMT+0100 (CET)

    Pause au pied de l'escalier, le Rhône sur notre gauche au loin, un important dénivelé sur une droite plus proche. Maquette en bois, 1:10.


    Image Mon Mar 30 2020 01:27:19 GMT+0200 (CEST)

    Que la traversée commence. Perspective via Rhino.


    Image Sun Mar 22 2020 01:14:33 GMT+0100 (CET)Image Mon Mar 30 2020 01:27:19 GMT+0200 (CEST)

    Quelques marches montées, arrivée au premier niveau (env. 90cm au-dessus du sol). Deux traversées dissemblables s'offrent alors à nous. Maquette en bois 1:10. Perspective via Rhino.


    Quel chemin emprunter ? Celui, plat, fait d'un plancher de contreplaqué (à droite de chaque image ci-dessus), ou l'autre sous forme d'escaliers (à gauche sur la modélisation Rhino), surplombant le premier chemin, le confinant.


    a) Le plancher - côté pente


    Image Mon Mar 30 2020 01:27:19 GMT+0200 (CEST)Image Mon Mar 30 2020 01:27:19 GMT+0200 (CEST)

     Quelques pas en avant, suivant l'interstice entre l'escalier et les lambourdes verticales. Rencontre avec une nouvelle ouverture, dissimulant un énième espace, cette fois-ci sous l'escalier supérieur. Pour y entrer, il faudra légèrement se courber, le linteau se trouvant à 140cm du premier niveau. Perspectives via Rhino.


    b) L'escalier - côté Rhône

    Image Mon Mar 30 2020 01:27:19 GMT+0200 (CEST)

        La plus haute marche atteignant presque les 3 mètres, accordons un vertigineux regard à la descente, tout en contemplant de haut ce qui se passe sur le plancher. Perspective via Rhino.


    Et en dessous de la structure principale...


    Image Sat Mar 21 2020 19:17:16 GMT+0100 (CET)Image Sat Mar 21 2020 17:15:05 GMT+0100 (CET)

    Vue incomplète de l'extérieur vers l'intérieur, à hauteur des yeux à gauche. Redescente au niveau du sol à droite. Arrêt à l'entrée d'une ouverture latérale d'un peu moins de 90cm de haut et de 80cm de large. Espace destiné aux chiens, aux enfants et aux acrobates. Maquette en bois, 1:10.


    Image Sat Mar 21 2020 17:15:05 GMT+0100 (CET)Image Mon Mar 30 2020 01:27:19 GMT+0200 (CEST)

    Levons les yeux une fois à l'intérieur, dans le sous-sol de la structure principale. Maquette en bois, 1:10. Puis, tournons sur nous-mêmes, reculons de quelques pas, habitons pleinement l'espace. Perspective via Rhino.


    ***

    Développement : exploration, statique, construction


    L'emboîtement : un système de construction méthodique inspiré d'une installation éphémère de Rintala Eggertson permettant de limiter les vis.

    Image Sun Mar 15 2020 13:38:34 GMT+0100 (CET)

    Méthode et matériau de construction : emboîtement de lambourdes en bois

    Millu, Rintala Eggertson


    Image Sun Mar 29 2020 20:26:42 GMT+0200 (CEST)Image Sun Mar 29 2020 20:26:42 GMT+0200 (CEST)

    À gauche, détail constructif de l'assemblage de deux marches, à hauteur du premier niveau (env. 90cm), axonométrie, 1:10. À droite, réalisation des trois demi-premières marches, en bois.


    Image Wed Apr 01 2020 14:22:30 GMT+0200 (CEST)

    Quatre détails constructifs en axonométrie 30° et 45° via Rhino, alternant entre les échelles 1:5 et 1:10. Respectivement dans le sens de lecture : les jonctions à 5,40m de hauteur ; l’assemblage du plancher avec équerres de fixation ; détail du renforcement des premières marches ; détail du renforcement d’un évidement.

    Image Thu Apr 02 2020 13:54:47 GMT+0200 (CEST)

    Image Sat Mar 21 2020 17:15:05 GMT+0100 (CET)Maquette des escaliers sous toutes les coutures, permettant aux passants de rejoindre le premier niveau depuis le sol, 1:10, bois.


    ***

    Synthèse : du projet au symbole


    Rembobinons.

    Image Mon Mar 30 2020 18:31:51 GMT+0200 (CEST)

    1) Le projet dans son entier 2) Protostructure retirée 3) Verticales omises 4) Au tour des lambourdes horizontales 5) Renforcements des marches ôtés 6) Retour au symbole : deux expériences de traversées différentes.  


    ***

    Références 

    Image Sat Mar 21 2020 20:41:53 GMT+0100 (CET)

    MC Escher, Relativité.


    Ce projet fait écho à l'œuvre illusionniste d'Escher par cette sensation d'escalier infini. Dans les deux cas, on ne finit plus de monter et de descendre, de quitter différents niveaux après les avoir à peine atteints.

  • Workshop du 14.12

    Par Fleischer Adrien, Von Flüe Oriane, 17/12/19

    Workshop du 14.12 sous la supervision d'Edouard Cabay


    En l’espace d’une journée éloignés de nos projets respectifs, sont imaginées par l’invité Edouard Cabay disparates étapes permettant une collaboration à différents niveaux au sein des étudiants. Deux studios rassemblés, nous sommes une vingtaine à s’associer sur un dessin commun, destiné à se transformer peu à peu en une sorte de frise. Néanmoins, avant de deviner l’état même de cette frise, il faut mettre en relation les cartographies de deux sites dissemblables : la topographie de Genève, longeant le Rhône, et celle fictive de la phase SCAFFOLDING, modelée par les modèles en plâtre. Une multitude de croix se faufilent alors à travers les quadrillages habitant le papier. Puis, de ces croix, cercles et triangles se rencontrent, se traversent, s’entremêlent, se mélangent. Place cette fois-ci à la peinture. Une fois le bouchon des tubes de peinture acrylique bleue et noire libéré, une ambiance conviviale, presque enfantine, s’installe dans les locaux : les étudiants laissent exploser leur créativité une fois un pinceau en main, les directeurs de studio se prêtent au jeu, l’un d’eux s’asseye  même volontiers au milieu de ses étudiants afin de partager ce moment de création. Et c’est à ce moment-là seulement, lorsque le pinceau dépose délicatement la couleur sur le papier blanc, s'évaporant au delà des démarcations au graphite, que la frise prend progressivement forme, au rythme des éclats de rire et de voix.


    Image Tue Dec 17 2019 16:08:45 GMT+0100 (CET)

    Image Tue Dec 17 2019 16:08:45 GMT+0100 (CET)

    Diverses étapes du workshop : construction géométrique au crayon & "déconstruction" géométrique à la peinture


    la mécanisation du geste, la confusion des sites, la touche du pinceau, le mélange inéluctable des couleurs, le papier se remplissant, le blanc disparaissant

    Image Tue Dec 17 2019 16:08:45 GMT+0100 (CET)

    12 arms, Machinic Protocols, Edouard Cabay, Barcelona, 2016.

  • Parcourons la (proto)structure

    Par Fleischer Adrien, Von Flüe Oriane, 16/12/19

    Scaffolding : du vieux français escadafaut, traduit en “échafaudage” voire aussi “squelette”.

    Rebondire de la phase PLANES, intégrer la protostructure à la topographie, la stabiliser, y introduire des plans. Telles étaient les bases communes à tout projet. Libre ensuite à chacun de se les approprier, de jouer avec elles, d’y ajouter nuances et variations.



    Mise en place de l'atelier : topographie & protostructure implantée

    Image Mon Dec 16 2019 18:39:44 GMT+0100 (heure normale d’Europe centrale)

    "Making ground" : configuration d'une topographie fictive, à partir de l'ensemble des modèles en plâtre fabriqués durant le semestre.
    Photographe de la ligne supérieure : Teresa Cheung

    Image Mon Dec 16 2019 16:36:45 GMT+0100 (CET)

    Implantation de la protostructure en bois sur la nouvelle topographie



    Zoom sur notre cellule de travail

    Image Mon Dec 16 2019 16:36:45 GMT+0100 (CET)
    Image Mon Dec 16 2019 16:36:45 GMT+0100 (CET)

    [De bas en haut] notre fragment topographique à étudier ; recherche d'un plan horizontal au sein même de la structure, la rigidifiant



    La maquette en bois de PLANES sous les yeux, quelques rayons d’exploration s’esquissent. Lors de la phase précédente, une recherche a notamment été effectuée autour de la notion de tissage, d’entrelacement. Repris comme point d’ancrage durant SCAFFOLDING, cette idée de “fils” s’entremêlant est réinterprétée dans la réalisation propre de la structure, les plans se dessinant au sein de la protostructure, créant une sorte de co-dépendance entre le projet et son échafaudage. Ces deux éléments, donc d’une certaine manière tributaires l’un de l’autre, communiquent et se complètent, apportant stabilité et précision l’un à l’autre. C’est pourquoi la construction du projet au coeur même de notre cellule s’est avéré judicieux. Un second axe d’étude central, amorcé lors de PLANES, est la relation directe avec le corps humain, relation par ailleurs accentuée par la topographie au caractère aléatoire. En effet, sous les deux mètres de hauteur du premier “étage” de la protostructure, est conçu une sorte de chemin à travers la structure. La topographie et les deux plans verticaux conditionnent le parcours, obligeant le corps à se courber, puis à se relever. L’obligation de s’accroupir au sol pour entrer à l’intérieur de la cellule est du reste une décision essentielle en résonance immédiate avec ce workshop ; le studio réaménagé volontairement pour cette phase, le passage sous les tables a animé les dix jours passés dans ces locaux.


    Image Mon Dec 16 2019 16:36:45 GMT+0100 (CET)

    Travail de recherche : retour à PLANES, brainstorming, mettre sur papier les idées, les en faire surgir en trois dimensions, mesures



                         Image Tue Dec 17 2019 13:00:59 GMT+0100 (CET)Image Tue Dec 17 2019 15:22:06 GMT+0100 (CET)

    Sketch d'une jonction liant protostructure et projet, Orianne von Flüe (à gauche), détail de cette même jonction (à droite)


    Image Tue Dec 17 2019 13:00:59 GMT+0100 (CET)Étude de la courbe sur calque



    Construction au sein de la protostructure

    Image Mon Dec 16 2019 16:36:45 GMT+0100 (CET)

    recherche au niveau du sol et de l'implantation de la structure au sein de la topographie


    Image Tue Dec 17 2019 15:22:06 GMT+0100 (CET)

    La hauteur du "seuil" de la structure en 1:10 (à droite) correspond à la hauteur des tables en 1:1, sous lesquelles les passages sont innombrables (à gauche).

    Image Mon Dec 16 2019 18:41:30 GMT+0100 (CET)

    Plongeons à l'intérieur de la structure...


    Image Tue Dec 17 2019 14:23:10 GMT+0100 (heure normale d’Europe centrale)

    la fourmilière s'agitant, la cacophonie persistant, les idées s'imbriquant, les mains se joignant, les projets se complétant


    Image Tue Dec 17 2019 15:22:06 GMT+0100 (CET)

    Résultat final de la structure implantée à la fois dans la protostructure et sur la topographie, modèle à échelle 1:10



                      Image Tue Dec 17 2019 15:22:06 GMT+0100 (CET)Image Tue Dec 17 2019 15:22:06 GMT+0100 (CET)

    Longueur des planches horizontales délimitée par un élément de la topographie (continuité soulignée à droite)



    La façon dont s'imbriquent les différentes cellules de la protostructure, chacune fragile et relativement simple en elle-même, fait à nos yeux écho à l'oeuvre architecturale réalisée par Sou Fujimoto, intitulée Tokyo Apartment. Cette dernière, achevée en 2007 à Tokyo même, est composée de quatre appartements disposés les uns au-dessus des autres sous forme de maisonnettes. Le tout paraît à première vue être en équilibre, voire précaire et vulnérable au moindre souffle de vent (bien qu'il soit bel et bien stable). Cet état précis a résonné en nous lors du travail au sein et autour de la protostructure.


    Image Mon Dec 16 2019 18:41:30 GMT+0100 (CET)

    Tokyo Apartment, Sou Fujimoto, Japon, 2007.

  • PLANES_synthèse

    Par Bussy Léane, Couelle Jeanne, Fleischer Adrien, Von Flüe Oriane, 24/11/19

    TISSAGE EN DUEL

    Image Tue Nov 26 2019 23:42:44 GMT+0100 (CET)


    Par l’intersection de deux plans un espace s’ouvre. Libre alors à toute chose, telle notre regard, ou une idée, de s’y (dé)placer.

    Notre espace, ouvert par un tissu de plans, englobe à la fois verticalité, horizontalité et courbure. Les courbes de ce projet sont chacune inspirées d’incurvations déjà existantes, en corrélation directe avec le Rolex Learning Center ainsi qu'un élément de la phase MEASURES.


    Le plan vertical, portant le rôle de membrane, est la colonne vertébrale portant l'entièreté de l'ossature, les différents plans horizontaux s'y entremêlant, filtrant la lumière. En la contemplant dans sa totalité, la structure peut rappeler une sorte de tissu, chaque lambourde et chaque planche se comportant à l'image de fils, chacun étant partie intégrante de tout tissage. En effet, toute longueur en bois a une place minutieusement réfléchie, apportant équilibre et contraste au projet.

    Quant à ce qui est de l'horizontalité, la succession de plans à hauteurs différentes du sol fait résonance avec l'unique escalier extérieur du Rolex Learning Center, une marche correspondant à un plan horizontal. La répétition de l’élément horizontal sur différents plans permet alors de créer une sensation d’ascension, tout en laissant deviner une sorte de point culminant (trois des plans horizontaux coupant l'ascension), attiré par les rayons lumineux.


    Une multitude de contrastes se créant au travers du projet, l'idée de dualité (du latin dualis, "caractère ou état de ce qui est double en soi ; coexistence de deux éléments de nature différente", Petit Robert 2015) s'est rapidement révélé comme étant fil conducteur de celui-ci.


    En addition de l'opposition plutôt évidente entre les plans verticaux et horizontaux, opposition de plus accentuée par la taille des lambourdes (la largeur des planches horizontales représentant le double des verticales), leur disposition entremêlée rappelle celle d'un tissu, constitué d'un "assemblage régulier de fils ou de fibres, disposés en deux séries croisées à angle droit" (définition tirée du Larousse). Cet entrelacement permet d'ailleurs d'alterner vide et plein où la lumière est à son tour libre de jouer avec les  ombres (cf. image ci-dessus).

    Puis, d'un point de vue purement géométrique, une disparité importante se forme entre les droites et les courbes caractérisant la structure. Cette différence ne fait qu'accentuer le jeu d'ombre et de lumière découlant du réseau de plans. 

    L'effet de miroir mettant en relation les plans horizontaux, alors placés à différentes hauteurs, et un même plan, lui aussi horizontal, situé cette fois-ci au pied de la structure et reflétant les planches supérieures comme leur ombre au sol, contribue également à cette idée de duel, de dédoublement.

    Un autre aspect du projet dépeignant une dualité est la membrane, séparant deux espaces. L'un est courbes, en offrant une infinité de différentes en fonction du point de vue. L'autre est strict, droit (en omettant l'incurvation des plans horizontaux), s'arrêtant net à même distance de la membrane, la succession de plans horizontaux constituant le "plafond" de cet espace comme flottant dans les airs (apportant par ailleurs un côté très aéré à cet élément de la structure). Ce point est en partie illustré par le modèle en plâtre, réalisé en trois parties distinctes, séparant la membrane et les deux côtés.


    Image Thu Nov 28 2019 11:12:48 GMT+0100 (CET)

    Modèle en plâtre réalisé en trois parties, la membrane épaisse de 3mm appuyant l'idée de dualité, plein du projet


    La taille de la structure pouvant varier de façon proportionnelle, offrant une abondance d'alternatives, son dimensionnement à taille réelle a été déterminé de façon à être en relation directe avec le corps humain. Vu d'une part comme un espace de repos, invitant quiconque à s'y installer l'espace d'un moment, laissant balader le regard sur le Rolex Learning Center, il n'est alors point nécessaire que les plans horizontaux supérieurs présentent une hauteur très importante. Cependant, de l'autre côté de la membrane verticale, une sorte de parcours guidé par les courbes (définissant autant des contraintes en largeur qu'en hauteur) est rendu possible que par des hauteurs convenables à un déplacement plus ou moins agréable du corps. Ainsi conditionné par les diverses dimensions verticales, le corps doit se courber, puis se relever, jouant avec la structure environnante, retraçant ses courbures.


    PLAN DE PRÉSENTATION ORALE


    Nous allons appuyer notre présentation orale sur un parcours à travers nos différentes modèles en bois, afin de souligner le processus général du projet et de laisser apparaître diverses dualités l'habitant. Plus précisément, sera évoquée l'évolution entre l'émergence des premières idées, leur développement jusqu'à la réalisation à taille réelle en passant par quelques alternatives. Ce parcours s'arrêtera notamment sur les dessins présentés, le modèle en plâtre, des échantillons de jointures ainsi que quelques outils nous ayant aidé durant le processus de création.


    Image Wed Nov 27 2019 11:14:11 GMT+0100 (CET)
  • Lettre épistolaire_texte 1

    Par Von Flüe Oriane, 24/11/19

    Mercredi 2 octobre 2019


    Chère Léane, 


    Comme tu as sans doute dû le remarquer, je n’ai pas passé beaucoup de temps chez nous ces derniers temps et j’en suis profondément désolée. Tu comprends, mes études débutant, je fais face à une phase d’adaptation considérable. Ce qui change beaucoup du gymnase, c’est surtout le côté pratique en fait. L’organisation du travail est différente ; je ne peux plus travailler exclusivement depuis la maison par exemple. 


    Mais tu verrais, ça te plairait. On construit plein de choses : des dessins, une maquette avec des baguettes en bois et même une autre en plâtre ! Dépeint comme ça, on pourrait presque croire que les projets sont disparates. A contrario, le fil rouge est le Panthéon. Tu sais, le monument historique situé à Rome. En fait, les architectes de l’époque l’ont conçu avec un sol légèrement bombé. Notre rôle était donc de souligner cette inclinaison en l’exagérant. Néanmoins, comme tu peux t’en douter, le sol d’un bâtiment est généralement de surface importante. C’est pourquoi nous avons travaillé uniquement sur deux fragments par binôme. C’est donc seulement après l’assemblage de toutes les maquettes (en premier lieu en bois, puis en plâtre) que l’entier du projet prend sens. 


    Je t’expliquerai plus en détails une fois à la maison, mais te voilà une petit idée de ce qu’il se passe de mon côté actuellement. 

    À tout bientôt, 


    Orianne