MEASURES

Par Kevorkian Camille, Layani Estelle, 02/11/19

" Nul n'entre ici s'il n'est géomètre " Platon.


WEEK 1:mardi 15 octobre 2019


7h40, direction Évian-les-Bains. 

On découvre les protostructures implantées sur deux sites de la ville par les étudiants de l'année dernière. 

Suite à l'introduction nous permettant de comprendre les lieux, Estelle et moi-même recevons le périmètre sur lequel nous allons travailler ces trois prochaines semaines, Yota. Il représente l'une des balançoires d’eau.

Là commence alors le travail minutieux de la mesure. Malgré la pluie qui nous déstabilise, on fait des croquis, des photos et tente de n'oublier aucun élément au risque de ne plus pouvoir le représenter une fois rentrées au studio. 

La mesure est un acte, on abandonne la chose au profit de son image "allégée".




                                Image Sun Nov 03 2019 11:26:14 GMT+0100 (CET)  Image Sun Nov 03 2019 11:26:14 GMT+0100 (CET)




Les dessins par binôme:


                        Image Sat Nov 02 2019 22:57:06 GMT+0100 (CET)  Image Sat Nov 02 2019 22:57:06 GMT+0100 (CET)

                         Un plan et deux élévations, échelle 1:10                         Axonométrie du relevé, échelle 1:5. Axonométrie du vide, échelle 1:10 (gauche)



WEEK 2:lundi 22 octobre 2019


 Nous avons maintenant pour mission de représenter le "vide" de notre périmètre mesuré à Evian.

Libre à nous de sélectionner la partie qui nous intéresse et que l'on veut explorer en profondeur. 

On part ici sur l'idée de représenter les 4(*3) éléments porteurs puis la balançoire d'eau permettant de représenter l'élément principal selon nous de notre périmètre, la cascade où l'eau ruisselle.  

Notre volonté est ici de sectionner le moule une fois démoulé en deux partie à l'aide d'une scie, au niveau de la cascade, afin de "dévoiler" ce que le vide renferme. Là est le paradoxe : par définition, le vide ne contient rien de perceptible ; Espace qui n'est pas occupé par de la matière. Nous matérialisons ainsi ce vide.



 



Les éléments du moule

Image Sat Nov 02 2019 18:36:47 GMT+0100 (CET)     Image Sat Nov 02 2019 22:57:06 GMT+0100 (CET)

Image Sat Nov 02 2019 22:57:06 GMT+0100 (CET)


Pour les éléments porteurs, nous utilisons des baguettes en bois couplées de cartons 1mm. La cascade est réalisée à l'aide de carton 2 et 1mm.

Les photos suivantes représentent le démoulage, tout ne se passe pas comme prévu : Les éléments en bois ainsi que le carton ont du mal à quitter notre plâtre ...                   

                          


      

              Image Sat Nov 02 2019 18:36:47 GMT+0100 (CET) Image Sat Nov 02 2019 18:36:47 GMT+0100 (CET) Image Sat Nov 02 2019 19:48:55 GMT+0100 (CET)                                   Image Sat Nov 02 2019 22:57:06 GMT+0100 (CET)


La section est tout de même réalisée.

Une symétrie se forme lorsque l'on place les deux parties du plâtre l'une à coté de l'autre.


                                                    Image Sat Nov 02 2019 22:57:06 GMT+0100 (CET)

                                                    Dessin du 1er plâtre, Échelle 1/10, Camille Kevorkian


                                               


WEEK 3: lundi 28 octobre 2019


Cette semaine, on reste fidèle à notre intention de base en tentant l'expérience avec une échelle double, soit 1:5 pour la maquette.

C'est l'occasion pour nous de rendre plus évident chaque élément que l'on a voulu représenter. 

À la place de baguettes en bois couplées de carton 1mm (pour obtenir les bonnes dimensions), on utilise cette fois le polystyrène; Beaucoup plus simple à extraire du plâtre, on obtient ainsi un résultat plus net et proche de ce que l'on attendait la première fois. 

Une autre différence avec le premier plâtre réside dans l'abandon de deux éléments porteurs au profit d'une apparition de l'une des balançoires sur la face externe du moule.

Avec ce deuxième essaie, nous avons voulu pousser plus loin le concept de la coupe transversale au sein même de la cascade en représentant plusieurs "coupes" horizontales symboliques par le biais d'un coulage en plusieurs étapes formant ainsi des strates.

C'est peut-être la première particularité qui attirera l'attention du spectateur et c'est notre moyen de rendre ce "vide" réalisé quantifiable, multiple et séparable. Une dimension spatio-temporelle est aussi instaurée.


                                                  Image Sat Nov 02 2019 19:11:21 GMT+0100 (CET)      

             

                                                  Image Sat Nov 02 2019 19:11:21 GMT+0100 (CET)





                   Image Sat Nov 02 2019 19:11:21 GMT+0100 (CET)          Image Sat Nov 02 2019 19:11:21 GMT+0100 (CET)



                   Image Sun Nov 03 2019 11:26:14 GMT+0100 (CET)          Image Sun Nov 03 2019 11:26:14 GMT+0100 (CET)



Chez Platon, l'art de la mesure est un accès à la connaissance, "connaissance de ce qui est toujours".


Tout au long de la phase Measures, nous avons pu re-découvrir l'acte de mesurer, le sens de ce mot, sa complexité et sa grande importance. Notre projet tente de retranscrire ce que pour nous la mesure signifie.

À travers notre vide en plâtre, nous évoquons le sujet du mesureur et du mesuré, celle du vide quantifiable, multiple et séparable (et ainsi mesurable) de part notre coupe transversale ainsi que nos strates significatives et même la notion du temps "mesurable" avec notre technique de coulage choisie qui s'étend dans la durée. 


"La mesure peut-elle associer les fonctions "descriptive" (s'imaginer l'objet) et "poïétique" (réalisation de l'objet) sans instaurer une relation particulière entre le mesureur et le mesurer?" 

Une question du Codex sur laquelle nous nous sommes interrogé.


En arrivant à Evian, l'acte de mesurer prend les fonctions descriptive et poïétique. Nous allons pouvoir nous représenter l'image de l'élément mesuré et même éventuellement prétendre comprendre comment il a été réalisé, en terme de proportions et de dimensions.

Une relation particulière entre le mesureur et le mesuré peut ainsi s'instaurer puisque nous mesurions en connaissance de cause.

Cependant, quand la question du "vide" de cette structure survient, la notion de mesure prend une tout autre dimension.

Elle associe bien ces deux fonctions, puisque nous nous apercevons que le vide est effectivement quantifiable et mesurable, cependant la relation particulière qui était instauré entre le mesureur et le mesuré n'est plus d'actualité. Nous nous basons sur des mesures servant dans un premier lieu pour un objectif spécique afin de réaliser un autre objectif: l'empreinte négative.