• Lettre

    Par Courtin Lise, 23/11/19

    Le 4 Octobre 2019



    Mon cher poussin,

    Comment vas-tu? Tu me demandais comment j’allais apprendre à construire des maisons et des grands bâtiments, tu te souviens? Et bien, je vais t’expliquer. Il y a un grand temple à Rome, qui s’appelle le Panthéon. Il est un peu bizarre: son sol n’est pas plat! J’ai donc bricolé une sorte de boite ouverte en bois, comme tous les autres étudiants, et on a tout mis ensemble pour imiter la forme de ce sol. Je l’ai ensuite dessiné.

    Il y a des manières différentes de dessiner ces maquettes, ou bien des maisons. On doit faire une vue de dessus, comme si on se penchait exactement au-dessus, ensuite tirer des lignes pour dessiner du point de vue des côtés. Ils doivent faire exactement la même taille que le premier dessin. Ce n’est pas facile, il faut faire attention à ce que nos traits soient très fins et bien droits.

    C’est fatiguant, et on doit beaucoup se concentrer. On doit beaucoup regarder la boîte pour être sur que le dessin lui ressemble.


    J’espère que j’ai répondu à toutes tes questions,

    Pleins de Bisous, Lise


    À la fin de notre quatrième semaine, nous avions reçu les consignes d'un exercice d'écriture un peu spécial: une lettre décrivant notre expérience à un enfant. Un mois et demi plus tard, je relis ce que j'ai rédigé et en constate la platitude. Alors, ayant lu les lettres de mes collègues et vécu six semaines de plus dans ce studio, j'ai décidé de retenter l'exercice avec nettement plus d'inspiration.


    Le 23 Novembre 2019

    Mon cher poussin,

    Comment vas-tu?

    Cela fait un moment que le temps me manque pour écrire, mais si cela t'intéresse, je t'écris ces quelques lignes pour t'expliquer qu'est ce qui m'est aussi chronophage. Depuis dix semaines (déjà!), je regarde les feuilles jaunir et tomber à travers les immenses fenêtres du studio, si vite que l'on croirait le voir en direct.

    On jurerait que les horloges sont des métronomes réglés sur 208 battements à la minutes, et ce n'est que prestissimo que je m'asseois à mon piano pour décompresser.

    La pente est raide, presque autant que celle que nous avons gravi pour mesurer des structures à Evian, mais j'imagine déjà l'euphorie d'avoir survécu à un semestre, pour autant que les examens se déroulent bien.

    Sinon, je vois défiler les formules et les chiffre; tellement, je pense, que je tiens moins bien debout que les structures que je calcule. Mais malgré la fatigue et l'anxiété, j'aime les heures passées sur ma table à dessin (littéralement dessus) et les amphithéâtres.


    Peut-être arriverai-je à te convaincre de marcher dans mes pas, car l'architecture est incontestablement le plus beau métier du monde, 


    Lise



  • TIRER DES PLANS

    Par Courtin Lise, Lassus Ambre, Mustapha Zineb, Schwitzguébel Gabrielle, 17/11/19

    PLANES


    "(...) l'architecture peut aussi être perçue comme l'art du projet avant d'être celui de la construction."


    Avoir un plan: avoir une idée précise de ce que l'on veut faire.

    Projet élaboré comportant une suite ordonnée d'opération, en  vue de réaliser une action ou une séries d'action

    Dispositions, organisation de ses parties considérées, après coup (abrégé, résumé) ou élaboré avant la composition.


    L’intérêt de notre projet ou plutôt notre plan, devrais-je dire, au début de cette phase PLANES portera sur les disparités de la surface du terrain choisi (plis, ondulations, courbes et surtout sa pente) dans le but de créer: un plan ou plutôt une surface plane qui épouserait parfaitement ce terrain. 


    En effet, en lisant attentivement les definitions du terme plan dans le codex, nous pouvons de suite observer de quelle manière le plan et le terrain sont intimement liés mais aussi et surtout comme ils se contredisent:


    1. Se dit de toute surface qui n'offre ni plis, ni courbes, ni rides, ni ondulations.

    2. Surface plane. celle sur laquelle une ligne droite peut s'appliquer complètement dans toutes les directions

    3. Idée de réduction à une surface plane 


    Ainsi nous trouvions d'autant plus intéressant de se pencher minutieusement sur ce terrain et de relever toutes ses particularités afin de créer notre surface plane ou notre plan d'horizontal "parfait". La complexité principal de cette nouvelle phase résidera dans notre capacité à "aplanir" ce terrain qui regorge de petites disparités.


    "S'il n'y avait pas de terrain, les bâtiments pourraient être construits à l'identique en nombre indéfini d'exemplaires comme une partition de musique peut être exécutée un nombre indéfini de fois. La resistance du terrain à l'aplanissement limite la reproductibilité de l'architecture. " (p.27)


    Cette citation du CODEX évoque la notion de terrain et la complexité à l’aplanir  ainsi que l'idée de répétition qui elle aussi va jouer un rôle dans notre projet

    En effet, cette nouvelle phase est d'autant plus compliquée car il ne s'agit pas de créer un projet à partir d'une page blanche mais de garder en tête le travail effectué dans


    - Rythme  

    - Répétition

    - Subjectivité 


    Ainsi, nous avons dû penser à la manière dont nous allions faire parler ces mots dans notre structure, et à la suite de questionnements et d'expérimentations, notre dévolu s'est porté sur une structure composée de plusieurs poutres avec un espacement et une longueur prédéfinis en fonction du site et de notre emplacement sur celui-ci. Cette structure nous permettrait de recréer l'horizontalité "parfaite" sur notre site en pente avec un module qui se répète mais aussi de suivre les lignes de perspective présente autour de notre emplacement. Aussi, nous envisageons de couper nos poutres de manière à créer un chemin au travers de cette structure afin de pouvoir évoluer à l'intérieur de celle-ci et rappeler les traces des chemins coupés visibles sur le site. Ce faisant, nous permettrons une confrontation à ce nouveau plan, en laissant libre d'évoluer au travers.